jeudi 20 décembre 2007

Fiche conseil : "Notre bois de chauffage"

Fiche conseil : "Notre bois de chauffage"

La couverture forestière avoisine les 30% du territoire français. La filière du bois chauffage estime à 50 millions de stères la demande annuelle. Outre les cheminées existantes, 230 000 appareils de chauffage au bois sont vendus chaque année. L’ADEME estime à
6 millions le nombre de résidences principales
utilisant un appareil de chauffage au bois associé à une autre source d’énergie électrique. La situation de l’ouest reste favorable au développement de ce mode d’énergie même si les particularités locales ne favorisent pas toujours l’obtention d’un bois d’excellente qualité.

LES « PLUS » ET LES « MOINS » DU CHAUFFAGE AU BOIS
En matière de protection de l’environnement la
combustion du bois représente une solution intéressante dans la mesure où elle ne rejette dans l’atmosphère que la quantité de C02 fixée au cours de la croissance de l’arbre. Le résultat est donc nul.
Plaisir : « chaleur » offerte par les parois vitrées des feux fermés, ambiance chaleureuse de la cheminée traditionnelle.
Prix : très abordables malgré la tendance à suivre les hausses du fuel, gaz et électricité.(ex : en 1 m, 180 euros la corde fin février 2007)
Les cendres : récupérées pour le jardinage
Problème de manutention, de rangement, de décendrage. (voir fiche poêle à bois)

LES BESOINS

La consommation annuelle moyenne est de 8 stères par habitation ou logement ; elle varie entre 4 stères pour un chauffage d’appoint et 30 stères pour un chauffage centralisé.
Pour les cheminées de type « feu ouvert » modèle traditionnel et selon les modèles, (ruraux traditionnels avec foyer acceptant des bois de plus d’1 m) la consommation est importante du fait d’un rendement énergétique faible ne dépassant pas 20%. Dans cette catégorie l’utilisation du bois de châtaignier est fortement déconseillée car en brûlant ce combustible provoque beaucoup de projections d’ « escarbilles» et même par éclatement, de braises incandescentes.

VOLUME
L’unité de mesure est le stère. C’est l’équivalent du m3 c’est à dire qu’un stère de bûches (coupées en 1 m) occupe 1 m de hauteur sur 1 m de longueur. L’unité encore très utilisée dans l’ouest est la corde. La corde correspond à 3 stères. Le prix est très souvent donné à la corde. 1 corde de bois débité en 1 m occupe donc théoriquement 3 m de longueur sur 1 m de hauteur ou bien 2 m de long sur 1,50 m de hauteur.

La qualité de rangement d’une corde de bois débité en rondins d’ 1 m d’un diamètre pouvant atteindre 15 cm est très dépendante de la forme de ce bois. Exploité à partir de haies ou d’arbres isolés, le bois ne présente que rarement une forme parfaitement cylindrique. Tortueux, il est plus difficilement empilable.
De ce fait et pour les besoins de l’utilisateur (inserts et poêles demandent souvent une alimentation inférieure à 40 cm), le rondin d’1 m est très souvent débité en 2 voire 3 parties. L’empilage devient plus facile et le volume obtenu plus compact.

Dans ces dimensions le bois est fréquemment refendu (mécaniquement) à partir de troncs ou de souches de diamètre trop conséquent.

STOCKAGE
Le bois comme combustible demande un séchage relativement long. Il est recommandé 2 années de stockage, dans un lieu aéré et protégé de la pluie. Au moment de la coupe sur pied, il contient de 45% à 60% d’eau. Le rendement énergétique est alors réduit de moitié et la combustion provoque fumée et encrassement des conduits d’évacuation.

Le bois considéré comme sec contient moins de 20% d’eau. Il doit être conservé si possible à une certaine distance de l’habitation (le bois vieillissant sera très fréquenté par des insectes comme la vrillette ou le capricorne dont on combat les effets sur les charpentes).. Le bois mort, bien sec, permet de faire démarrer un feu sans apport de produit d’allumage.




BOIS SOUILLES, PEINTS OU TRAITES
A éliminer systématiquement :
dégagement de fumées et gaz néfastes
encrassement des conduits de cheminées avec risques d’incendie
fumées malodorantes

BOIS D’ ALLUMAGE
Le fagot. Une tradition qui perdure dans certains villages. Originellement très utilisé pour allumer et faire chauffer le four à pain ; le fagot est le complément de la coupe de bois car il valorise le menu branchage. Bien sec il constitue la base de l’allumage par excellence. Souvent lié en 1 m de longueur, le fagot reste volumineux et donc peu facile à empiler. Chaque particulier est en mesure de se constituer une provision de mini fagots avec les restes de taille d’entretien, de branchages divers (fruitiers..)
ä Les bois fendus et refendus
Résidus du fendage de pièces de bois inexploitables, ils sont très intéressants en très petites dimension.
ä Le bois de récupération
(cagettes, boîtes de fromage..). Les bois d’emballage (souvent du bois blanc de peuplier) constituent un excellent allume feu. Mais dès que l’on suspecte un traitement de fond (palettes) il est à éviter.
ä Le bois éclaté commercialisé
« bûchettes ou bois d’allumage » vendu en sacs, en grandes et moyennes surfaces offre une garantie de qualité mais un prix de revient assez important. (de 6 à 12E les 20 kg de bûchettes de hêtre de 10 cm)T NORMALISATION
L’ADEME a entrepris d’établir une norme NF « Bois de chauffage » destinée à organiser des repères de qualité sur le plan national espérant améliorer de 10% la consommation du bois pour le chauffage domestique.
A 0% d’humidité le contenu énergétique est de 5,3 kwh/kg pour les résineux et 5,1 kwh/kg pour les feuillus.
Les taux d’humidité ont été organisés en 3 classes :
H1 : < 20% H2 < 35% H3 > 35%
La mesure est effectuée au moment de la livraison.
Les bois résineux brûlent vite, dégagent plus rapidement de la chaleur : épicéa, sapin, pin, mélèze.. conviennent davantage à des usages professionnels comme les utilisateurs de fours à pain traditionnels (boulangerie, pizzerias) Ils ont tendance à donner plus de suie.

Les feuillus sont classés en 3 groupes :
Groupe 1 : chêne, orme, charme, hêtre, frêne, merisier, érable
Groupe 2 : châtaignier, robinier, acacia, merisiers et arbres fruitiers
Groupe 3 : peuplier, bouleau, platane…
La norme NF recommande d’utiliser des appareils de chauffage labellisés « Flamme Verte » dont le rendement atteint au moins 60% (et un dégagement de CO <1%). Initiée par les fabricants, cette charte concerne les foyers fermés, poêles et inserts.

L’étiquette NF « bois de chauffage » jointe aux produits vendus lors de la livraison par une entreprise certifiée fournit au consommateur les info essentielles : groupe d’essence – longueur—niveau d’humidité - quantité…
Le bois est vendu en filets, palettes, en vrac ou en container quelle que soit l’époque.

Depuis 2004 le Syndicat national des producteurs de bois et charbon a créé une branche spécifique « bois de chauffage ». Le nombre des entreprises labellisées s’étoffe lentement. Cette orientation représente pour le consommateur peu ou non averti une garantie évidente mais la mise place engendre un surcoût qui pourrait paraître excessif voire contreproductif dans l’actuel mouvement d’incitation au développement d’énergies propres…

ACHAT DE PROXIMITÉ
Des opportunités diverses peuvent vous permettre d’acheter à proximité (exploitant agricole voisin, nettoyages de terrains, campagnes d’abattage..).
Points positifs :
moindre coût de transport et un coût moindre à l’achat,
maintien du tissus rural, de la convivialité, maintien des traditions, participation aux travaux, prétexte pour s’intéresser à l’environnement…
… autant de bonnes raisons d’acheter à proximité. Mais quelques recommandations :
être en mesure de reconnaître les qualités de bois
acheter à la bonne époque et pouvoir stocker un certain temps sur un terrain de surface suffisante
accepter moins d’homogénéité dans le produit (plusieurs espèces de bois peuvent être mélangées..)
connaître les prix couramment pratiqués dans la région (de 150 à 200 E la corde livrée en février 2007)
trouver les bonnes dimensions

Un nouveau débouché pour les déchets de bois de feuillus qui sont pressés, formatés en cylindres réguliers (20 cm de long en 9 cm de diamètre) faciles à stocker. Un avenir important pour ce procédé qui produit un combustible peu humide (3%), d’un rendement 3 fois supérieur au bois traditionnel. Volume de cendres réduit, peu d’encrassage des tuyauteries. Mais un coût supérieur. Le produit est parfois proposé en « équivalent » stère et devient donc 3 fois moins encombrant pour la même qualité énergétique....). Ex de prix: le lot 12 bûchettes de bois « densifié » est proposé à 5,90E.
La fabrication de granulés (pellets) a permis de créer des poêles et chaudières à alimentation continue. C’est un débouché prometteur pour la valorisation de déchets et chutes de bois. Ce procédé affiche des rendements identiques aux bûchettes reconstituées. De nouveaux poêles à réserve incorporée apparaissent sur le marché . Leur coût est concurrentiel. Le poêle à pellets offre des durée de feu continu de plus de 24h.

Documentation : ADEME
Revue « Environnement et technique » déc. 2005
Label Flamme Verte - CTBA
Guide du chauffage et de la climatisation. Déc. 2004
Étude association Familles Rurales

Aucun commentaire: